Cuba, de par sa situation politique spécifique, est l’exemple illustrant ce
que l’Apithérapie peut apporter aux pays en difficulté.
L’embargo dont elle a souffert, aggravé par une situation économique précaire,
a provoqué et provoque encore aujourd’hui une pénurie de nombreux produits
industriels.
Les Cubains sont les champions du système D, ils parviennent à faire rouler
de vieilles américaines sans âges, mais l’enthousiasme et l’ingéniosité ne
peuvent résoudre toutes les pénuries. Le système de santé, faute de moyens
ne peut répondre à la demande globale.
Malgré les difficultés économiques générales, l’apiculture et l’agriculture
cubaine sont suffisamment structurées. Elle peuvent sans grande réorganisation
fournir les éléments de base, miel, pollen, gelée royale, propolis mais aussi
les plantes médicinales entrant dans l’élaboration des traitements.
Partant du constat que ces « matières premières » indispensables en Apithérapie,
étaient présentes et accessibles aux plus grands nombres sur tout le territoire
de l’île, les instances d’Apimondia, créèrent sous la présidence du Professeur
Th. Cherbuliez, une commission pour mettre en œuvre un projet humanitaire.
Elles se donnaient pour but de mettre en place un programme complet, de la
formation aux techniques de l’Apithérapie des praticiens locaux, à la production
des traitements.
Un partenariat fut établi avec l’Université de la Havane pour former les médecins
ainsi que les pharmaciens à la pratique de l’Apithérapie. Médecins et personnels
soignants formés, il fallait aussi produire grâces aux plantes locales en
les combinant au miel, pollen, propolis, etc, une gamme complète de traitements.
Ainsi furent élaboré en particulier des aromiels antibactérien et un propomiel
de cicatrisation, au sein même du très réputé Institut Finlay à la Havane.
Même si les chiffres dont je dispose sont anciens et datent de 2001, ils permettent
de constater que seulement deux ans après le début du projet, cinq cents cas
de pneumonie étaient traité avec succès par aromiel, dans le seul hôpital
de la Havane. Un total de quatre mille cas était traités, à Cuba, sur l’ensemble
des affections répondant aux traitement de l’apithérapie durant cette année
là. Ce n’est qu’un début, ceci vient en complément des traitement plus classiques
que les hôpitaux Cubains n’ont pas pour autant totalement banni de leurs pratiques.
Outre l’intérêt financier évident de s’affranchir des trop coûteuses importations
de médicaments, payés le plus souvent en dollars, la production faite en combinant
les plantes médicinales du pays avec les productions apicoles locales est
doublement enrichissante. Elle offre premièrement des revenus supplémentaires
aux agriculteurs producteurs et fournit localement du travail lors de l’élaborations
de médicaments.
Les soins par l’Apithérapie respectent l’homme puisqu’aucun effet secondaire
n’est constaté lors des soins contrairement aux antibiotique et autres médicaments
chimiques, mais, de plus elle respecte l’environnement en favorisant l’élevage
des abeilles et la production de plantes. La transformation des plantes s’opère
par distillation pour produire des huiles essentielles, ce processus même
s’il est entrepri à grande échelle, ne provoque aucune pollution.
En respectant l’homme et l’équilibre biologique de son environnement l’Apithérapie
mérite le label de médecine verte.
Cet exemple Cubain a fait souche, d’autres pays d’Amérique latines et d’Afrique
ont choisi cette voie.
Le Burkina Faso pour ne citer que lui, dans le cadre du PNUD ( programme des
Nations Unies pour le Développement ) a depuis 2005 entrepris la mise en place
d’un programme similaire. (cf : Congrès Apimondia 2005, Dubin Irlande)
Ne pas croire pour autant que personne avant cela n’avait eu l’idée d’utiliser
les produits de la ruche et les plantes, mais ces programmes permettent d’envisager
une utilisation à l’échelle d’un pays tout entier.
La simplicité d’utilisation de la plupart des traitements fait qu’ils peuvent
être employés dans les grands centres hospitaliers mais, et c’est là leurs
forces dans des dispensaires isolés, pour peu que le personnels soignant ait
été formé.
De tels projets font grandir les hommes et progresser l’humanité, seulement leur mise en œuvre est difficile, longue et coûteuse, pendant ce temps les souffrance ainsi que les misères avancent à grands pas.
En conclusion, je citerai le Professeur Th. Cherbuliez
« Parvenir à soigner et a améliorer l’état de santé et de bien être global
des populations tout en préservant l’environnement pour les générations futures
»
Extrait du livre ABC de l'Apithérapie ' Se soigner
grâce aux abeilles'
Paru aux Editions
Grancher, dans la collection Santé
sortie Février 2009
Chez tous les libraires, Fnac,
Librairies en ligne,etc.
Au prix de 15 €